Les nouveau ordres – Aurélie William-Levaux

Déjà, la culture institutionnelle, c’était tout un bazar, fallait bien marcher droit, pas faire de vagues, se comporter comme un bon petit soldat qui est bien d’accord avec tout le système, et faire de l’art de la façon la plus consensuelle possible, mais avec créativité bien entendu. Ça consistait plus ou moins à décorer le monde par le vide. Maintenant que la culture a été dégagée de la société, et c’est clair que c’est moins sympathique, parce que, sans déco, on se rend comte que ça donne envie de se pendre, la vie en ville, c’est encore plus coincé du cul. Les artistes qui s’organisent pour se mettre debout, ils s’engueulent entre eux parce qu’y en a qui sont trop debout alors qu’il fallait être assis sur sa chaise finalement, y en qui traitent les autres de nazis parce qu’ils aiment pas leurs projets, et puis y en a qui recommencent à brasser le vide comme avant, comme si tout était normal, dans l’espoir qu’après la guerre ils pourront passer sur France Culture pour parler de leur nouvelle carrière. En fin de compte, c’est terrible, mais la culture, faut arrêter c’est nul.


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