Västerås – Elke De Rijcke

dans la mesure où j’observais que ma tête était sur sa nuque

mais coupée du reste de mon corps,

 

je comprenais qu’il ne m’était plus donné de me joindre,

 

et que ma progression sans qualité devrait se référencer sur les arbres,

dans l’adjacence desquels il me fallait tourner pour exister.

 

le temps ajouté au temps m’avait rendue plus tendue,

plus négligente et sous-traitante de mon corps,

qui ne se dénouait qu’à leur réchauffement

et ne se considérait qu’au vu de leur cousu.

 

je croyais que ma pesanteur allait se rééquilibrer sur leur poids

 

j’imaginais que les bouleaux allaient me déployer mes intentions

à travers leur respiration tranquille.

 

mais j’observais qu’ils ne pourraient résorber ma déception.

 

toutefois, de jour comme de nuit, j’inhalais pour mieux m’imprégner d’eux et je continuais à monter et à descendre leurs chemins.

 

ce qui se testait en moi de toxique portait le nom de vidanges d’émotion.

 

ce qui dégénérait dans mes chairs était autant de société que de privé.

 

mon corps était aux prises avec son bilan de prisons.

il se trouvait pendu à une lutte avec leur poing de fer.

 

j’avais peur que cela ne connaisse pas de fin

que ce ne soit que le début d’une accumulation à l’infini

 

aussi longtemps que mon cœur accordait d’en être la roue

et mon tronc le réceptacle de ses excréments

*

pour la première fois mon oreille était collée à ma gorge.

j’écoutais.

 

« qu’est-ce que tu sens? »

c’étaient tes paroles qui s’érigeaient en moi.

 

il fallait me dégager de la démesure des autres et libérer mon souffle.

 

la bâtisse entrepreneuriale de mon adolescence était sur un démantèlement.

 

je n’étais plus un être humain.

 

je n’étais plus capable de parler à quiconque

puisque je ne voyais plus d’hommes

à qui dire et qui puissent me dire.

 

le gant de mes perspectives adoptées se retournait et ne me chaussait plus.

 

je rejetais ma construction que j’avais assumée et j’en déclinais toute responsabilité.

 

je me plaçais en dehors de toute optique d’ambition qui me répugnait.

 

crevée,

au milieu du corps,

je regardais autour de moi et désherbais dans mes amitiés.

 

j’étais obligée de me distancier de celui qui me fut le plus cher.

 

il en valait dix mille pour moi et de qui j’aurais voulu partager le lit.

 

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